Mon banquier m'a tuer


 

« Il faudrait songer à se faire du fric »,

« si vous n’aviez pas un membre de votre famille dans cette banque, on ne vous recevrait même pas », « Vous devriez aller en Asie, vous auriez peut-être plus d’opportunités », vous en voulez d’autres ?

C’est ce que j’ai entendu pendant à peu près quatorze minutes ce mercredi 13 décembre lors d’un rendez-vous de banque.

Alors c’est ça l’entrepreunariat ? Celui qui fait tant rêver sur le papier, celui qui te dit « sois ton propre maître et que la force soit avec toi » ?

Alors c’est donc ça les messages sponsorisés qui défilent sur facebook « comment je me suis fait 100 000 euros sans lever mes fesses » ou « comment trois cliques ont changé ma vie»  ? Ha ouais...

Non parce qu’après des jours, des nuits, des semaines, des mois à penser, créer, réaliser, valoriser, marketer et surtout investir dans mes produits, je n’en ai toujours pas vu la couleur et je songerais presque à rejoindre les Ch’tis font de la téléréalité car ça a l’air beaucoup plus simple et marrant que le projet que je tente d’entreprendre, et comme dirait mon banquier « ça au moins, ça fait du fric ».

Pourquoi j’ai envie de me révolter et de crier haut et fort :

CONNARD MISERABLE DANS TON BUREAU DE 7m2 CARRE , C EST MEME PAS LEGAL DE VIVRE DANS UN SI PETIT ESPACE !

Tout simplement parce que je suis née avec une conscience et que mon QI me permet de m’élever un peu et de ne pas voir un plan de vie à Court Terme mais à Long Terme, c’est à dire au delà de mon propre être.

Et pour la petite explication : l’entrepreunariat d’une petite marque qui démarre avec 0 euro dans sa chambre d’ado et qui produit tout de A à Z, qui porte un message bien veillant et qui veut être juste avec ses clients, ce n’est pas celui d’une start up qui va égrener les salons du « made in France » et des nouvelles Techs afin d’intéresser les investisseurs de grands groupes et qui va pouvoir rapporter des millions aux Gros Bonnets en écrasant le reste du monde.

Sache une chose, les riches seront toujours plus riches.

Celui qui produit à échelle humaine, ce n’est pas celui qui va démarcher des usines au fin fond de la Tchétchénie où les droits de l’homme sont complètements bafoués pour avoir du coton « bio » pas cher sous le regard malin de la communauté européenne.

Alors tes amalgames tu peux te les carrer dans le cul

Moi aussi je peux vous faire un super marketing et vous allez tomber en plein dans le piège : Prenez un bon Big Mac, ajoutez y un type lambda qui pourrait être votre pote du lycée, donnez lui un petit style complètement passe-partout, emmenez le au Mc Donald dans sa petite voiture encore plus random que son propre style .
Là on lui fera commander un BEAU Big Mac bien GENEREUX, lorsqu’il ouvrira la boite rouge et blanche que tout le monde reconnaît il aura les yeux emojis cœur, les couleurs jaillirons alors laissant place à un champs d’émotions, où la feuille de salade est parfaitement verte et découpée avec soin, où la tomate est tranchée au millimètre près, où le fromage est aussi jaune que dégoulinant.
Il saisit alors le Big Mac avec ses deux mains, ouvre grand sa bouche et croque dans cet incroyable sandwish deux étages où les saveurs et les textures se mélangent avec une intensité folle…
Toute cette scène se déroulant, évidemment, sous une musique tonitruante à la Star Wars histoire de vous faire croire que vous avez une puissance exponentielle lorsque vous dévorez ce Burger.
Et on peut aussi apercevoir au loin des vaches dans une nature verdoyante, mais aussi des petites jardinières à échelle humaine, comme si c'était Tonton Fred dans son jardin du Périgord, où salades et tomates poussent avec harmonie sans aucun soin.
C’est beau, c’est bien, c’est bon.

Mais l’envers du décors c’est plutôt des déforestations, des élevages intensifs, la maltraitance des animaux, des pesticides, des OGM, des exhausteurs de gout, des conservateurs et du gras.

Mais ça, qui vous le dit ?

Je vous passe la petite morale sur le « il vient d’ou ton super pull ? » car sûrement il viendrait de chez HandM et que tu ajouterais dans ta tête « c’est pas cher, je peux le changer, et je m’en tape de ta planète ». C’est plutôt ça le fin mot de l’histoire.

JE M’EN FICHE, LA FRENCH PIQUE VIVRA AVEC OU SANS TOI.
 Et ce connard, en le laissant à sa vie pathétique, a quand même osé me serrer la main et me glisser un « Joyeux Noel ». Fuck.


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