Quand tu passes du rosé-molki au pastis-pétanque

J'ai posé ma mini valise débordante de tissu à coudre, pour une semaine à Saint Paul de Vence, et j'ai trouvé ça génial.

Tout a failli capoté mercredi après midi où, me connectant naïvement à mon application SNCF afin de vérifier mon heure de départ, je découvre que mon train pour le lendemain à destination d'Antibes est annulé. 

Dans la semi panique tant espérée par les chemineaux français, j'ai tout de même pu trouver une solution pour profiter de quelques jours sous le soleil de la Méditerranée.

C'est avec une valise aussi petite qu'un sac à main, un Gent ayant quelques problèmes d'intestins et un copain toujours souriant, que mon périple dans le pays de la pissaladière a commencé.

Et 5h45 de train, comme c'est long

Après des aller-retour à la voiture bar, après des thés, des cafés, des friandises, après des arrêts insoupçonnés dans des villes insoupçonnées de France, nous arrivons enfin (et je souligne le mot enfin) à la gare de Antibes – Juan les pins.

Accrochez-vous pour le droping name des villes, des rues, des places, de l’architecture du pays car il m’en a fallu du temps (et des google maps) pour retranstrcrire toutes les épopées d’une parisienne sur la

cote d’azur.

 Le périple sud

Il aurait été beaucoup trop facile de commencer par des vieux clichés : le cœur historique de Nice, la promenade des anglais, le port de Saint Tropez, la salade niçoise sans riz et sans haricots vert, le pain bagnat sans i et sans févettes... tout cela ne ressemblant pas du tout à mon esprit rebelle de parisienne se sentant au dessus du "top 15 à faire selon tripadvisor", j’ai préféré compliquer un peu (oui) la vie de mon entourage et de continuer de travailler, même sous le soleil de la Méditerranée.

C’est ainsi que nous nous sommes retrouvé à aller récupérer la machine à coudre Singer (année 19XX) de la grand-mère de mon copain, qui m’a, par la suite, sauvée de quelques galères de couturière en vacances.

Longeant la mer, sur une magnifique balade entre Cagnes sur Mer et Antibes, à changer de fréquence radio toutes les dix secondes (rien ne me convenait), que nous avons fait notre première sortie de sudiste direction la maison d’enfance de mon cher et tendre.
Il est à noter que pour une parisienne de pure souche, se retrouver dans une belle maison sur les hauteurs de la côte avec un beau jardin et une géante piscine n’appelant qu’à la baignade, le dépaysement fut aussi radical que de prendre l'avion et de partir direction Marrakech.

Une part de pissaladière plus tard, un géant verre d’eau et quelques histoires sur les voyages qui forgent l’esprit, nous voilà repartis vers le vieil Antibes, la machine à coudre calée dans le coffre, à faire un tour avant de retrouver les copains pour une après-midi baignade.

C’est dans le vieil Antibes que mon cœur a fait boum boum pour la Cote d’azur.
Les odeurs du marché Provençal, la chaleur de la ville, les vieilles pierres et la douceur de vie d'un mois de mai, m’ont tout de suite fait aimer cette partie du pays. Peut-être aussi car j’y étais en très bonne compagnie.

Pas cliché mais quand même

Arrêt obligatoire au marché Pronvençal, cours Masséna, à la découverte des produits locaux : lavande, olives, tapenade, citron et tomates confites, épices de toutes sortes me faisant voyager autant par leurs diverses couleurs que par leurs fragrances, sans oublier l'arrêt socca. L'indispensable spécialité niçoise, la fameuse galette de farine de pois chiche et d'huile d'olive cuite au feu de bois, à déguster au fond du marché entre deux étales de poisson pour seulement 2,50€.
Sans oublier la balade dans les rues plutôt calme de la cité royale, la marche sur les remparts, la vue donnant sur le Port Vauban et le quai Camille Rayon où les plus luxueux navires du monde sont à quai pour ainsi terminer par la photo clichée du Nomade de Jaume Plensa. 
Peu de temps à passer dans la vieille ville, nos corps chauffés par le soleil ne demandant qu'une petite baignade dans la mer semblant si accueillante.

Qu'est ce qu'on est bien à Juan les Pins

Lire cet article en écoutant cette chanson.
Arrêt obligatoire à la plage Juanita (à prononcer comme vous l'entendez). Où transats, parasols, rosé-piscine et mouette mangeant presque sur la table à côté de vous, vous semblerons des plus amusants.
Découverte de la cuisine locale en famille et amis avec une belle et grande salade niçoise - Perrier citron.
Un petit plouf s'impose dans l'eau bien trop fraîche d'une plage privée condamnée à être annexée d'une partie de son espace car ne respectent pas la loi Littoral et le fameux décret plage. Alors profitez-en !

Qu'est ce qu'on fait le samedi soir sur la côte ?

On va écouter Déborah de Luca au casino Ruhl voyons !
Puis After au Mamac, normal quoi ! 
Ca ne ressemblait pas vraiment aux soirées parisienne, mais passé 2h du matin et quelques verres de trop, l'architecture de la ville ainsi que son atmosphère commençaient à y ressembler fortement !
J'avais l'impression de me balader dans un quartier inconnu de la capitale ou mer et douceur de vivre y régnaient !

Petit message adressé à Vertigo, association niçoise n'ayant jamais assumé leur organisation de soirée, me bloquant de leur page après avoir posté ce message sur leur mur Facebook.

 

"Vertigo ciao , Hier soir fut une très belle soirée, car nous étions entre copains, sous la douceur niçoise, dans un cadre sympathique à se faire des vannes et à boire des Ginto (ou Bombay je ne sais quoi). Mon message n’aurait été qu’amour si et seulement si nous n’avions pas du affronter de trop nombreuses déconvenues. 1) Une entrée uniquement en « cash », quand même étrange pour un casino, pas moyen de faire une carte bleue, je n’irais pas plus loin dans mon questionnement. 2) faire deux fois la queue pour avoir une boisson ? Étions nous dans un festival en plein air ? Tout à fait absurde et étrange comme fonctionnement. Perte de temps, de personnel et d’energie pour vos clients (nous). 3) le bar s’est arrêté de servir à 3h. D’accord, mais il nous restait une heure de fête non ? 4) Déborah devait jouer de minuit quinze, jusqu’à la fin. Personnellement, les lumières du Casino m’ont brûlées les yeux à 3h15. 5) 3h20 : tout le monde dehors ! Est-ce bien serieux ? 6) tous au Kwartz ! Mais non, car il n’y a plus la place pour tous nous accueillir ! 7) ok, solution de secours : tous au Mamac. C’etait Loin non ? Par contre, il’ fallait avoir 10€ Sur soi, en cash bien évidemment, dans une chaleur suffocante. Bon voilà mon bilan mitigé de ces aventures niçoise. Bien entendu, pas de remboursement envisageable puisque le cash est parti faire sa vie."

J'ai trop rigolé quand même

Terminé la rigolade, il faut rentrer pour profiter de ces belles journées ensoleillées, du patrimoine riche et varié que nous offre les alpes maritimes.

Aussi belle que créative

Après un réveil un peu douloureux et une matinée à coudre des ensembles croptop-jupe répondant à des commandes des jours précédent, il fut enfin temps de partir à la découverte du magnifique et minuscule bout de la côte qui attire tant les créateurs.
Pour la petite histoire, Saint Paul de Vence fait face à la Méditerranée, le village d'artistes bordé de ses remparts est adossé aux Alpes du Sud. Le village médiéval perché sur les hauteurs de la côte est, sans l'ombre d'un doute, l'un des plus beaux qui soit.
Pour les amateurs d'art, passage obligatoire à la  
La Fondation Marguerite et Aimé Maeght, véritable écrin de verdure, le jardin a été conçu par le paysagiste Henri Fisch pour accueillir des sculptures afin de présenter l’art moderne et contemporain sous toutes ses formes.
Le lieu est incroyable, offrant une vue imprenable sur la région, hélas, pas vraiment convaincue par ce mouvement, je fus impressionnée par l'architecture de la demeure ainsi que ses jardins, cependant, il faut avouer que la maison a assez mal vieillie, elle fait presque cracra et défraichie.
Le ticket d'entrée étant tout aussi élevé que celui de la fondation Louis Vuitton à Paris, n'ayant que cela de comparable. 

Douze euros la promenade dans le jardin, on ne reviendra pas tous les jours.

Viens, on passe la frontière

 N'est-il pas amusant voir indispensable de passer la frontière franco-italienne lorsqu'elle est si proche ?

C'est ainsi que nous nous sommes retrouvés de l'autre côté de la barrière, outrepassant le cliché des villes immanquables tel que Vintimille, nous avons pris la direction de Sanremo et sa cathédrale au douze cloches.
Je passe les détails de cette épopée, ayant mangé une simple tomate mozzarella dans un restaurant aux abords du port, ni décevante ni enthousiasmante, un déjeuner facile, rapide, sans surprise pour un jour de semaine passé 15h (eh oui, il faut s'y faire en tant que parisien, les restaurants c'est pas du service continu !).
Par contre, un stop oblige dans un des meilleurs glacier de la ville, la Gelateria Lua. Tellement bon.
Vous pourrez continuer votre chemin en mangeant votre glace dans les ruelles amenant sur les hauteurs de Sanremo.
Il faut commencer par le plus vilain, à droite du glacier, pour arriver au point culminant et découvrir une vue assez impressionnante de la ville côtière, dans votre dos la fameuse cathédrale.
Redescendez par un chemin opposé et baladez-vous dans les ruelles adorables mais complètement endormies de la ville.
Puis vous n'aurez aucun regret à rentrer car, ni les plages, ni les jardins, ni les casinos, ni l'ambiance de la ville ne vous donnerons envie de rester !

Barbecue-petanque

 

Bon c'était pas vraiment un barbecue mais plutôt une soirée pizza au feu de bois version perdue au milieu des oliviers et de la pampa de là bas. 
Le bonheur sur le papier malgré une fatigue palpable des aventures des derniers jours.
Ayant l'estomac aussi pénible qu'une parisienne, la soirée pizza-mega-bonne-dont-la-pate-fond-dans-la-bouche ne fut pas la même pour moi que pour les copains.
Notre hôte, des plus adorables, ayant préparé tous ses ingrédients au préalable (mon dieu comme j'avais envie de tout manger) à déposer cette orgie gustative sur ma pâte glutenfree. Entreprise peu convaincante pour le chef pizzaiolo du soir ainsi que pour mon palais... Tant pis, je commence à avoir l'habitude !
En plus d'un repas assez fade pour mes papilles, mon équipe a perdue aux jeux. La pétanque et le times up ne furent donc pas des réussites ce soir là. Trop la loose quoi.

C'est quoi les spécialités niçoise ?

Une journée à Nice à faire tous les clichés niçois possibles et imaginables. 
Balade dans la vieille ville, tour place Masséna, le marché aux fleurs de la cours Saleya (ma préférence), la place Garibaldi, aperçu de la balade des anglais et de sa mini plage (oui, pour une Normande, les plages de Nice sont minuscules et en plus il faut des méduses aux pieds pour y prendre un peu de plaisir à s'y baigner), escalade avec les marches (et pas en ascenseur) sur la colline du château (je cherche encore le château) pour terminer notre promenade dans un délicieux restaurant aux airs de bouiboui de rue.
Bienvenue à Buteghinna, à déguster une assiette entière de spécialités de la région, tout cuisiné maison et ce fut un réel régal.
Il faut absolument s'y arrêter si vous ne connaissez pas bien les spécialités du pays.
Après une glace évitée chez le maître glacier Fenocchio, car beaucoup trop de queue et aucun plaisir à attendre une glace pendant vingt-cinq minutes pour la déguster en deux, nous avons pris le chemin du retour avec un Gent plus qu'à l'aise dans ce nouvel environnement.

Viens sur les hauteurs de la vallée des merveilles

 

Puis j'ai fait ma petite crise, il me fallait de la verdure et prendre l'air.
Un autre air que celui de la Méditerranée.
Surtout, j'avais envie de marcher car passer nos journées à faire des aller-retour en voiture, ce n'est pas très naturel pour une parisienne.
Mon vœu ne fut pas tombé dans l'oreille d'un sourd et j'ai eu le bonheur de découvrir la Vallée des Merveilles
Une route sublime à zigzager entre des monts verdoyants, chemin passant d'un tunnel à un autre afin d'y découvrir des paysages plus époustouflants les uns que les autres.
Après une heure de route depuis Saint Paul, nous avons pris de la hauteur sur les chemins de montagne, celles qui donnent un peu envie de rendre son petit dej mais qui te font tenir car plus tu vas haut, plus c'est beau.
Si nous avions écouté les dires des uns et des autres nous ne nous serions jamais aventuré dans pareil périple. Nous avons eu le droit à des "il va faire froid", "il y a encore de la neige", "c'est pas le plus beau", "tout sera fermé", bla-bla.
Mais nous sommes plutôt du type persiste-et-signe et notre enthousiasme nous a guidé jusqu'au parfait endroit : le Relais des Merveilles, le lieu idéal pour se ressourcer dans des gros coussins face à une vue imprenable sur la vallée.
Pas de réseau, pas de foule en cette période, le simple silence de la nature, et ça, ça n'a pas de prix.

 

Je dois reconnaître que dans ma tête je me suis dit "encore un bouiboui de montagne où on va manger un steak frites surgelés à 16euros, repartir avec un mal de ventre et le seum d'avoir payé autant qu'à une terrasse parisienne".
Mais non. Juste non.

Le Gite-Restaurant est aux portes de la Vallée des Merveilles dans le parc National du Mercantour, nous sommes arrivés sous un beau soleil, la douceur du printemps se faisant ressentir. Accueilli très chaleureusement par notre hôte, Gent chien bienvenu aussi, nous avons pu découvrir une carte toute simple avec des produits de qualités, type assiette de dégustation de produits de la région, tout fait maison et de producteurs locaux. Quel régal. 
Mon dessert fut ma madeleine de Proust à moi, du chocolat en coque avec de la mascarpone et un coulis de fruits rouge, quel petit bonheur gustatif.
Une addition des plus corrects étant donné le lieu, la recherche des plats et la qualité des produits proposés.
Un immanquable, à ne pas rater sur votre passage dans la vallée.

Après ce bon repas, ni trop lourd ni trop léger, nous avons été orienté par les propriétaires du relais vers un trek facile et charmant, nous évitant les dernières neiges, les nuages et les chemins pas dégagés pour nos baskets de ville !
Et quel chemin !
Absolument personne sur notre route, un Gent des plus heureux et des vues à couper le souffle avec une météo changeant notre vision du paysage.

Qu'est ce qui se passe à Saint Jean-Cap-Ferrat ?

 

Un déjeuner sous un soleil éclatant chez la Mamie de mon amoureux, à manger de la viande en sauce blanche avec champignon, accompagné d'une purée de patate (délicieuse) sous presque 30 degrés (un peu moins délicieux du coup), s'en est suivi une balade nécessaire le long de la corniche histoire d'éliminer tout ça et d'écouter quelques histoires de jeunesse du copain.

Quand lui allait sauter avec ses potes sur les "falaises" de Saint-Jean dans une eau turquoise, moi j'allais au Jardin d'Acclimatation me battre pour avoir une auto-tamponneuse digne de ce nom sous un ciel gris-paris.

Eh oui, nous n'avons vraiment pas eu la même enfance !

Plouf on fait rien c'est bien
Il y a des jours comme ça où on se dit que la vie est BELLE. 
Merci la vie, ce fut le bonheur.
Retour au bercail
Merci les copains, merci vous, merci le Sud, merci le soleil, je reviendrai.

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